30.10.2026 15:45
Éthiques & mythes de la création - L’esprit des masques
Francie
Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines
Autor neuveden
Shrnutí: Téma semináře Éthiques & mythes de la création (EMC) se zaměřuje na roli masek jako prostředků duchovní komunikace napříč civilizacemi a jejich vliv na tvorbu vědění. Text zkoumá historické a estetické dimenze masek, porovnává masky Dorset a inupiaq s díly současných umělců, a ukazuje, jak maska skrývající tvář zároveň umožňuje jiný pohled na člověka a svět. Přednášky doplňují vědecké biografie řečníků (Giulia Bogliolo Bruna, Giulia Filacanapa a Jean-Eddy Rémy) a doprovodné komentáře k jejich záměru spojit antropologii, umění a filosofii světa masek.
Séminaire de recherche Éthiques & mythes de la création 2026 (Institut Charles Cros/ CHCSC-UVSQ Paris Saclay), sous la direction de Sylvie Dallet, professeure des universités & directrice de recherches. Le séminaire (international et interdisciplinaire) de recherche ÉTHIQUES et MYTHES de la CRÉATION (EMC) explore en nomade l’imaginaire qui préside à la création des savoirs. Pour ce faire, il conjugue concrètement des expériences artistiques et de terrain avec des exposés théoriques dans une perspective de compréhension globale des processus créatifs.
L’esprit des masques
Sylvie DALLET, Introduction : Au delà de l’actualité et des conflits de la violence, les masques traversent les civilisations comme des modes particuliers de la communication spirituelle. Naguère, les masques étaient faits de bois, de peaux ou de rideaux de perles, leur apport suggérait à la fois des ancêtres et les voyages de l’âme. Ces expériences de dissimulation spirituelles ouvrent à des dimensions créatives multiples, qui continuent à inspirer les artistes contemporains comme les mystiques. Le masque est il le propre des sociétés humaines anciennes ? À l’inverse, les religions du Livre (judaïsme, christianisme, islam) ont, pour des raisons théologiques, combattu les cérémonies masquées. Cette connivence ambiguë qu’entretient le regard dissimulé avec les pouvoirs est un jeu subtil où la pensée continue de se réinventer.
Conférences : Giulia BOGLIOLO BRUNA, Jean-Eddy REMY et Giulia FILACANAPA (sous réserve)
- Giulia BOGLIOLO BRUNA : Le pouvoir des masques
Résumé : Épiphanie de l’esprit, les masques chamaniques des périodes du Dorset (vers 1000 av. J.-C. - vers 1000 après J.-C.) et de Thulé (vers 1000 après J.-C. - vers 1700-1800) appartiennent tant au monde idéel que matériel. Au-delà de la forme se dévoile l’être. Face aux déracinements de la modernité et aux ravages de la post-modernité, résister c’est créer. En dépit de la disparition symbolique du rôle social de l’angakkoq, la pensée chamanique continue pour autant d’infuser au sein du cadre cosmologique ancestral et s’incarne avec une force envoûtante dans les créations sculpturales des artistes contemporains au travers d’une riche palette de registres expressifs - naturalistes, surréalistes, stylisés jusqu’à l’abstraction. Ainsi, ces œuvres sorties de l’anonymat expriment -par un jeu subtil d’escamotages et d’intentionnalité - la volonté de récupérer la mémoire du passé, de ré-intérioriser la philosophie écologique ante litteram des ancêtres.
Les masques inuits - que les « angakkuit de l’art » réalisent - se configurent comme les réceptacles d’une pensée chamanique toujours vivante dans ses multiples reconfigurations. On déclinera nos propos à travers l’analyse comparée des masques du Dorset et des œuvres des artistes inupiaq Larry Ulaaq Ahvakana et Othniel A. Oomittuk Jr. (Anaqulutuq). Les masques incarnent ainsi la promesse d’une permanence par-delà l’alchimie des syncrétismes. En eux s’accomplit l’archéo-genèse du sens en mouvement.
CV : Giulia Bogliolo Bruna, ethno-historienne et anthropologue de l'art, ancienne chercheure au Centre d'études arctiques (EHESS/CNRS), auteure, entre autres, de Les objets messagers de la pensée inuit (Harmattan/Institut Charles-Cros, 2015), Jean Malaurie, une énergie créatrice (Armand Colin, 2012) et Miroirs de l'âme, voyages en esprit (dir. avec Adrien Viel, Harmattan / Institut Charles-Cros, 2025).
- Giulia FILACANAPA : Le masque scénique : une histoire du visible et de l’invisible, de l’Antiquité à nos jours
Résumé : Dans l’histoire du théâtre, le masque n’a pas seulement pour fonction de dissimuler : il donne à voir, transforme le corps de l’acteur et interroge notre rapport à l’identité. Tantôt indispensable à la représentation, tantôt rejeté au nom de l’authenticité, il révèle les conceptions de l’humain propres à chaque époque. À partir d’une approche historique et anthropologique, cette intervention explorera les usages et les fonctions du masque scénique, ainsi que sa vitalité actuelle, au cœur des recherches réunies dans l’ouvrage collectif Le Masque scénique contemporain. Enjeux esthétiques et anthropologiques (Deuxième époque, 2026). Un même paradoxe traverse cette histoire : en dissimulant le visage, le masque nous permet de voir autrement.
CV : Giulia Filacanapa est maîtresse de conférences en études théâtrales et italiennes à l’université Paris 8, membre de l’Unité de Recherche Scènes du Monde depuis 2021, et directrice adjointe de la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord depuis janvier 2026. Ses recherches portent sur la pédagogie théâtrale, les usages et fonctions des masques scéniques (Antiquité, Renaissance, époque moderne), ainsi que sur les processus de création et les usages sociaux et éducatifs du théâtre. Elle a organisé en mai 2020 (avec Guy Freixe) le colloque À l’école du masque, approche pédagogiques pour acteurs et créateurs de masques, qui perdure par un programme de recherche international. Elle est également dramaturge et metteuse en scène.
- Jean-Eddy RÉMY exerce l’art de la sculpture sur tôle et fer au village artistique de Noailles, à Croix-des-Bouquets, dans la périphérie urbaine de Port-au-Prince en Haïti. Il a été accueilli en résidence à Montréal (2017) puis en France en 2026 (Brioude et Paris). Il fait partie en effet de la quatrième génération de sculpteurs porteurs de la tradition du métal découpé, pratique artistique inscrite à l’Inventaire du Patrimoine Immatériel d’Haïti (IPIMH). Son inspiration vivante, qui a donné lieu à un documentaire « Les esprits du métal » reste liée aux traditions culturelles inspirées du vaudou. Ses œuvres sont désormais exposées à l’international.
Sylvie DALLET, Introduction : Au delà de l’actualité et des conflits de la violence, les masques traversent les civilisations comme des modes particuliers de la communication spirituelle. Naguère, les masques étaient faits de bois, de peaux ou de rideaux de perles, leur apport suggérait à la fois des ancêtres et les voyages de l’âme. Ces expériences de dissimulation spirituelles ouvrent à des dimensions créatives multiples, qui continuent à inspirer les artistes contemporains comme les mystiques. Le masque est il le propre des sociétés humaines anciennes ? À l’inverse, les religions du Livre (judaïsme, christianisme, islam) ont, pour des raisons théologiques, combattu les cérémonies masquées. Cette connivence ambiguë qu’entretient le regard dissimulé avec les pouvoirs est un jeu subtil où la pensée continue de se réinventer.
Conférences : Giulia BOGLIOLO BRUNA, Jean-Eddy REMY et Giulia FILACANAPA (sous réserve)
- Giulia BOGLIOLO BRUNA : Le pouvoir des masques
Résumé : Épiphanie de l’esprit, les masques chamaniques des périodes du Dorset (vers 1000 av. J.-C. - vers 1000 après J.-C.) et de Thulé (vers 1000 après J.-C. - vers 1700-1800) appartiennent tant au monde idéel que matériel. Au-delà de la forme se dévoile l’être. Face aux déracinements de la modernité et aux ravages de la post-modernité, résister c’est créer. En dépit de la disparition symbolique du rôle social de l’angakkoq, la pensée chamanique continue pour autant d’infuser au sein du cadre cosmologique ancestral et s’incarne avec une force envoûtante dans les créations sculpturales des artistes contemporains au travers d’une riche palette de registres expressifs - naturalistes, surréalistes, stylisés jusqu’à l’abstraction. Ainsi, ces œuvres sorties de l’anonymat expriment -par un jeu subtil d’escamotages et d’intentionnalité - la volonté de récupérer la mémoire du passé, de ré-intérioriser la philosophie écologique ante litteram des ancêtres.
Les masques inuits - que les « angakkuit de l’art » réalisent - se configurent comme les réceptacles d’une pensée chamanique toujours vivante dans ses multiples reconfigurations. On déclinera nos propos à travers l’analyse comparée des masques du Dorset et des œuvres des artistes inupiaq Larry Ulaaq Ahvakana et Othniel A. Oomittuk Jr. (Anaqulutuq). Les masques incarnent ainsi la promesse d’une permanence par-delà l’alchimie des syncrétismes. En eux s’accomplit l’archéo-genèse du sens en mouvement.
CV : Giulia Bogliolo Bruna, ethno-historienne et anthropologue de l'art, ancienne chercheure au Centre d'études arctiques (EHESS/CNRS), auteure, entre autres, de Les objets messagers de la pensée inuit (Harmattan/Institut Charles-Cros, 2015), Jean Malaurie, une énergie créatrice (Armand Colin, 2012) et Miroirs de l'âme, voyages en esprit (dir. avec Adrien Viel, Harmattan / Institut Charles-Cros, 2025).
- Giulia FILACANAPA : Le masque scénique : une histoire du visible et de l’invisible, de l’Antiquité à nos jours
Résumé : Dans l’histoire du théâtre, le masque n’a pas seulement pour fonction de dissimuler : il donne à voir, transforme le corps de l’acteur et interroge notre rapport à l’identité. Tantôt indispensable à la représentation, tantôt rejeté au nom de l’authenticité, il révèle les conceptions de l’humain propres à chaque époque. À partir d’une approche historique et anthropologique, cette intervention explorera les usages et les fonctions du masque scénique, ainsi que sa vitalité actuelle, au cœur des recherches réunies dans l’ouvrage collectif Le Masque scénique contemporain. Enjeux esthétiques et anthropologiques (Deuxième époque, 2026). Un même paradoxe traverse cette histoire : en dissimulant le visage, le masque nous permet de voir autrement.
CV : Giulia Filacanapa est maîtresse de conférences en études théâtrales et italiennes à l’université Paris 8, membre de l’Unité de Recherche Scènes du Monde depuis 2021, et directrice adjointe de la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord depuis janvier 2026. Ses recherches portent sur la pédagogie théâtrale, les usages et fonctions des masques scéniques (Antiquité, Renaissance, époque moderne), ainsi que sur les processus de création et les usages sociaux et éducatifs du théâtre. Elle a organisé en mai 2020 (avec Guy Freixe) le colloque À l’école du masque, approche pédagogiques pour acteurs et créateurs de masques, qui perdure par un programme de recherche international. Elle est également dramaturge et metteuse en scène.
- Jean-Eddy RÉMY exerce l’art de la sculpture sur tôle et fer au village artistique de Noailles, à Croix-des-Bouquets, dans la périphérie urbaine de Port-au-Prince en Haïti. Il a été accueilli en résidence à Montréal (2017) puis en France en 2026 (Brioude et Paris). Il fait partie en effet de la quatrième génération de sculpteurs porteurs de la tradition du métal découpé, pratique artistique inscrite à l’Inventaire du Patrimoine Immatériel d’Haïti (IPIMH). Son inspiration vivante, qui a donné lieu à un documentaire « Les esprits du métal » reste liée aux traditions culturelles inspirées du vaudou. Ses œuvres sont désormais exposées à l’international.
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