6.10.2026 08:17

Trois ans de conflit à Gaza

Francie Action contre la Faim France Autor neuveden
Tři roky konfliktu v Gáze zdevastovaly schopnost stovek tisíc lidí získávat potravu, vodu a základní služby. Systém místní stravy se nerozběhne během pár dní a rekonstrukce potrvá dlouho, přičemž hlad a podvýživa nadále ohrožují zejména děti. Po třech letech jsou miliony lidí vystaveny kritické potravinové a vodní nejistotě a pokračující humanitární pomoc je nezbytná pro prevenci hlubšího dopadu na zdraví, vzdělání a budoucnost obyvatel.
AI shrnutí

La guerre a détruit la capacité d’une population à se nourrir.

Trois ans après le début de la guerre à Gaza, le conflit a détruit la capacité de centaines de milliers de personnes à accéder à la nourriture, à l’eau, aux moyens de subsistance et aux services essentiels. Comprendre ce qui se passe à Gaza c’est comprendre que la guerre peut non seulement détruire l’ensemble d’un système alimentaire mais aussi prolonger la faim au-delà des phases les plus visibles de l’urgence.

Avant le conflit, la région produisait une partie importante de sa nourriture et la population avait accès à des produits comme le pain, la viande et d’autres sources essentielles de protéines. Aujourd’hui, ces aliments sont devenus extrêmement rares. Les familles de Gaza survivent en se tournant vers des aliments à faible, voire nulle, valeur nutritionnelle, consommés en quantité limitée pour éviter de mourir de faim. Mais la faim ne se résume pas à l’absence de nourriture. Lorsque les marchés, les chaînes d’approvisionnement, l’agriculture, la pêche, l’accès à l’eau ou encore la capacité à stocker et à cuisiner les aliments disparaissent, les familles perdent progressivement leur capacité à se nourrir. Le résultat est une crise qui affecte non seulement la nutrition, mais aussi la santé, la dignité et les perspectives de relèvement de toute une population.

« La couverture médiatique ne devrait pas se limiter à la faim actuelle, mais s’intéresser à la perte progressive de l’autonomie alimentaire. Lorsque les terres agricoles, les marchés et les infrastructures d’une région entière sont détruits, les systèmes alimentaires ne se rétablissent pas du jour au lendemain »

Jean Raphaël Poitou, Responsable Plaidoyer Moyen-Orient chez Action contre la Faim.

« Leur reconstruction nécessite un processus long pendant lequel la population restera confrontée à des besoins extrêmes. »

L’insécurité alimentaire et l’insécurité hydrique sont étroitement liées. Sans eau potable, il est impossible de cuisiner correctement, de maintenir une hygiène minimale ou de prévenir les maladies qui aggravent la malnutrition, en particulier chez les enfants. À Gaza, 90 % des ménages n’ont pas un accès suffisant à une eau sûre, deux ménages sur trois ne disposent pas de la quantité minimale nécessaire pour couvrir leurs besoins fondamentaux et l’accès aux latrines reste fortement limité pour 86 % des ménages. Ces conditions insalubres favorisent la propagation de maladies telles que les diarrhées, qui augmentent la vulnérabilité des enfants et détériorent leur état nutritionnel. On estime que 74 200 enfants âgés de 6 à 59 mois souffriront de malnutrition aiguë d’ici mi-2027. Même si les évaluations les plus récentes n’indiquent plus de situation de famine, plus d’un million de personnes continuent de faire face à des niveaux critiques d’insécurité alimentaire et des milliers d’enfants restent exposés au risque de malnutrition. Le relèvement reste extrêmement fragile et l’interruption de l’aide humanitaire pourrait rapidement anéantir les progrès réalisés. Le fait que le terme « famine » ne figure plus dans une classification ne signifie pas que les familles ont cessé d’avoir faim.

« Obtenir une simple miche de pain est devenu un rêve. Rester en vie est un défi. Je n’aurais jamais imaginé voir des enfants aux corps si frêles et dont le ventre gargouille de faim », témoignait en 2025 Hanneen (nom modifié pour des raisons de sécurité), consultante en allaitement pour Action contre la Faim dans la bande de Gaza.

Au terme de trois années de conflit, une génération entière d’enfant n’aura connu que la guerre. Ces années de déplacement, d’insécurité et de manque d’accès aux services essentiels auront des répercussions durables sur leur santé, leur éducation et leurs perspectives d’avenir. « Le manque prolongé de nutriments essentiels durant cette période entraîne des dommages durables pour le développement physique, nutritionnel et cognitif des enfants », poursuit Jean Raphael Poitou. « Outre les préjudices physiques, les déplacements permanents et les privations compromettent gravement la santé mentale des enfants et de leurs familles ».

La situation à Gaza illustre la manière dont la destruction des infrastructures essentielles, les restrictions d’accès, la réduction de l’espace humanitaire et la dépendance croissante à l’aide peuvent transformer une urgence en une crise prolongée. Cette réalité ne se limite pas à Gaza. En Cisjordanie, près de 41 000 Palestiniens sont déplacés et confrontés à des restrictions de mouvement ainsi qu’à un accès limité aux ressources essentielles.

Action contre la Faim exprime sa solidarité avec l’ensemble des civils affectés par le conflit. L’organisation reconnait le profond impact et la souffrance des individus suite aux attaques menées en Israël le 7 octobre 2023 ainsi que par les conséquences dévastatrices du conflit qui en a suivi à Gaza, en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, et au Liban.

Action contre la Faim appelle à garantir un accès humanitaire sûr et durable, à protéger les populations civiles et à renforcer la réponse aux besoins nutritionnels, alimentaires et en eau, afin d’éviter qu’une crise entamée il y a trois ans ne continue de compromettre l’avenir de millions de personnes.



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Action contre la Faim France
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