Alors que la métropole Aix-Marseille-Provence a refusé d’adopter son budget pour 2026 en raison de ses grandes difficultés financières, le Premier ministre a mis en cause la responsabilité du Sénat indiquant que "la copie collectivités territoriales du budget tel qu’il a été adopté, c’est la copie de la majorité sénatoriale" et que cette copie était "dure pour les intercommunalités (…) mais que c’est le Sénat qui l’a voulu" (conférence de presse à Marseille, le 23 avril 2026).
Ces affirmations sont l’exact contraire de la réalité et le rapporteur général de la commission des finances, Jean-François Husson, souhaite "fermement rétablir la vérité des chiffres". En effet, le Sénat a fortement réduit l’effort initialement demandé aux collectivités territoriales par le Gouvernement lui-même : celui-ci atteignait 4 milliards d’euros dans la version initiale du projet de budget, dont 2 milliards pour les seules intercommunalités. Dans son texte, le Sénat a diminué l’effort global des collectivités de 2 milliards d’euros, dont 500 millions d’euros de diminution pour les intercommunalités. Ainsi, grâce au Sénat, la contribution des intercommunalités au redressement des finances publiques a été allégée de 25 % par rapport à ce que prévoyait la copie du Premier ministre dans son projet de loi de finances initiale.
Enfin, l’effort qui reste demandé aux intercommunalités résulte bien du texte proposé par le Gouvernement, en application de l’article 49-3 de la Constitution, celui-ci ayant fait le choix de reprendre la proposition du Sénat.
La commission des finances appelle donc le Gouvernement à réaliser un examen de conscience sur l’effort demandé aux collectivités territoriales et à préparer dès maintenant, dans la sérénité et l’écoute mutuelle, le budget pour 2027.