Déclaration conjointe des dirigeants de la France, du Royaume-Uni, de l’Allemagne et de l’Ukraine.
Les dirigeants de la France, du Royaume‑Uni, de l’Allemagne et de l’Ukraine réaffirment leur soutien indéfectible à l’Ukraine et leur volonté de mener, avec l’Ukraine, ses partenaires européens et les États‑Unis, des efforts coordonnés pour une paix juste et durable. Ils saluent les progrès ukrainiens sur le terrain et condamnent les attaques russes à grande échelle, tout en planifiant une montée en puissance du soutien militaire et industriel — y compris la production d’intercepteurs et le développement de capacités antimissiles — et en préparant des rendez‑vous tels que le G7 à Évian, la Coalition des Volontaires et le sommet de l’OTAN à Ankara. Sur les négociations, ils appellent à un cessez‑le‑feu immédiat, considèrent la ligne de contact comme base de négociation, exigent le respect des frontières et des arrangements de sécurité, réclament des garanties solides après le cessez‑le‑feu (y compris le déploiement de la Force multinationale – Ukraine) et le gel des avoirs russes, tout en préservant les intérêts de sécurité de l’Europe; ils soutiennent un dialogue direct Ukraine-Russie avec l’appui des États‑Unis et de l’Europe et affirment leur engagement à rester aux côtés de l’Ukraine.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer, le Président français Emmanuel Macron et le Chancelier allemand Friedrich Merz ont rencontré le 7 juin le Président ukrainien Volodymyr Zelensky afin de réaffirmer leur soutien indéfectible à l’Ukraine dans sa défense contre l’invasion illégale de la Russie et les prochaines étapes des négociations pour soutenir une paix juste et durable. Ils ont souligné que l’Europe avait un rôle important à jouer dans tout règlement, en tant que soutien inébranlable de l’Ukraine. Les dirigeants ont clairement indiqué que tous les efforts devaient être menés en coopération la plus étroite avec l'Ukraine, les partenaires européens au sens large et les États-Unis.
Ils ont salué les récents succès de l’Ukraine sur le champ de bataille, notamment la libération récente de territoires et l’utilisation novatrice de la technologie des drones. Ils ont condamné les attaques de drones et de missiles à grande échelle menées par la Russie – y compris l’utilisation répétée de missiles Oreshnik – sur des villes ukrainiennes avec un bilan tragique parmi les populations civiles, ainsi que les incursions irresponsables et dangereuses de drones russes sur le territoire de l’OTAN. Ils ont présenté leurs condoléances à toutes les victimes.
Ils ont échangé sur la manière de se saisir du prochain Sommet du G7 à Évian, de la prochaine réunion de la Coalition des Volontaires, et du sommet de l’OTAN à Ankara pour coordonner au mieux la poursuite du soutien à l’Ukraine sur la base de ses besoins prioritaires, notamment par la pression continue sur l’économie de guerre de la Russie et par un engagement accru en matière de soutien militaire et de défense pour l’Ukraine lors du Sommet de l’OTAN. Les dirigeants ont souligné le besoin urgent de faire passer à l’échelle la production d’intercepteurs et de développer conjointement des capacités antimissiles balistiques et de frappe en profondeur, ainsi que de soutenir la viabilité future des forces armées ukrainiennes. Ils ont également échangé sur la façon dont l’Alliance peut apprendre de l’expertise du champ de bataille de l’Ukraine et sur la manière d’accroître la coopération industrielle de long terme avec l’Ukraine afin que l’Europe renforce sa propre défense.
Ils ont insisté sur le lien inextricable entre la sécurité, la prospérité et la souveraineté de l’Ukraine, d’une part, et la sécurité euro-atlantique au sens large, d’autre part. Concernant les négociations, ils ont examiné les conditions qui devraient être réunies pour parvenir à une paix juste et durable.
- Tout d'abord, la cessation des combats. Ils ont appelé le Président Poutine à accepter un cessez-le-feu immédiat et complet.
- Deuxièmement, la ligne de contact actuelle doit servir de point de départ aux négociations. Les frontières internationales ne doivent pas être modifiées par la force, et le droit souverain de l’Ukraine à choisir ses propres arrangements de sécurité et ses alliances doit être pleinement respecté.
- Troisièmement, l'Ukraine doit disposer de garanties de sécurité robustes et juridiquement contraignantes une fois le cessez-le-feu entré en vigueur, en s'appuyant sur les engagements pris à Berlin en décembre 2025 et à Paris en janvier 2026. Cela inclut le déploiement de la Force multinationale – Ukraine.
- Quatrièmement, les avoirs russes resteront immobilisés jusqu’à ce que la Russie cesse sa guerre d’agression et indemnise l’Ukraine pour les dommages causés par la guerre.
- Cinquièmement, les intérêts de sécurité de l'Europe doivent être préservés dans tout accord. Tout élément de négociation relatif à l'UE et à l'OTAN devrait être soumis à l'accord de l'UE et de ses États membres, ainsi qu'à celui des alliés de l'OTAN respectivement.
Les dirigeants ont salué l'appel lancé par le président Zelensky pour une fin de la guerre, négociée par la voie diplomatique, tel qu’exposé dans sa lettre adressée au Président de la Fédération de Russie le 4 juin 2026. Ils ont apporté leur soutien à la proposition en faveur d’un dialogue direct entre l’Ukraine et la Russie – avec la participation active des États-Unis et de l'Europe – afin de parvenir à un cessez-le-feu et de soutenir la poursuite des négociations. Ils ont confirmé qu'ils continueraient à se tenir résolument aux côtés de l’Ukraine.